Manioc


Acariens

Les acariens ne sont pas des insectes, mais des sortes d’araignées de petite taille, presque invisibles à l’oeil nu.

a. Acarien vert du manioc, Mononychellus tanajoa Bondar

Ce sont de très petits acariens. Tout d'abord ils sont de couleur verte, mais les individus plus âgés sont de couleur jaunâtre. Les symptômes sont variables et se manifestent par des taches jaunâtres, des malformations des feuilles et un rabougrissement des plantes.

Lutte:

  • Planter au début de la saison des pluies.
  • Pratiquer des cultures associées, par exemple avec une légumineuse.

Acridiens

Quelques sauteriaux et criquets migrateurs peuvent attaquer le feuillage. L’espèce la plus importante est:

a. Criquet puant, Zonocerus variegatus (L.)

C’est un sauteriau très caractéristique par sa coloration générale. Les adultes sont de couleur verte avec du jaune, du noir et du rouge. Le pronotum est de couleur jaunâtre. Sa longueur est d’environ 35 mm. On le trouve fréquemment dans les zones de végétation dense ainsi que sur les arbres et arbustes. Les jeunes larves vivent groupées, mais après le troisième stade elles se dispersent. Les individus de cette espèce ont tendance à grimper sur les obstacles qu’ils rencontrent. C’est pour cela qu’on les trouve souvent sur les parties les plus hautes des plantes. (Fig. 46)

 
Fig. 46 Adulte du Criquet puant, Zonocerus variegatus

Lutte:

  • Ramasser à la main ou détruire les bandes de larves avant qu’elles ne se dispersent.
  • Repérer les zones de ponte à proximité de la culture et détruire les oothèques.
  • Piéger les larves et jeunes imagos en utilisant des perches enfoncées obliquement, sur lesquelles ils vont se rassembler. Ramasser et détruire les criquets rassemblés sur les perches.
  • Utiliser des appâts empoisonnés avec un insecticide.

D’autres espèces de sauteriaux et criquets qui peuvent occasionnellement attaquer le manioc sont:

b. Criquet pèlerin (= Criquet du désert), Schistocerca gregaria (Forskål)

Dans un essaim, les jeunes adultes sont de couleur rose ou brunâtre (grégaires). Les adultes plus âgés deviennent, lors de leur maturation sexuelle, de couleur jaune (mâles) ou jaune pâle (femelles). Les mâles ont environ 45 à 50 mm de long, les femelles 50 à 60 mm. Les ailes antérieures sont transparentes avec de petites taches brunes. Les ailes postérieures sont transparentes, jaune pâle ou rougeâtres, sans taches. Entre les pattes antérieures ils ont un petit appendice ressemblant une petite cheville.

Les adultes qui ne se trouvent pas dans un essaim (solitaires) sont de couleur grisâtre ou brunâtre, mais les mâles plus âgés peuvent virer au jaune. Les mâles ont environ 45 à 60 mm de long, les femelles 60 à 90 mm. (Fig. 47)


Fig. 47 Adulte du Criquet pèlerin, Schistocerca gregaria

c. Eyprepocnemis plorans (Charpentier)

Lutte:

  • Utiliser des appâts empoisonnés avec un insecticide.
  • Utiliser des extraits de neem, ce qui est efficace contre certains acridiens.

African Cassava Mosaic Virus

voir viroses


Bactériose

voir maladies foliaires


Capucin des grains

voir déprédateurs des denrées stockées


Cassava African Mosaic

voir viroses


Cercosporioses

voir maladies foliaires


Charançon du maïs

voir déprédateurs des denrées stockées


Cochenille farineuse du manioc, Phenacoccus manihoti Matile-Ferrero

Les femelles sont de petits insectes de couleur rose. Leur corps est recouvert d'une sécrétion blanche cireuse. L'adulte a 1 à 3 mm de long et 0,7 à 1,5 mm de largeur. La plupart des insectes se trouvent sur les pousses terminales. Les symptômes qu’ils provoquent sont le rabougrissement et la malformation des pousses terminales. Les dégâts sont plus importants dans les régions les moins pluvieuses, la pluie contribuant à la destruction des larves.

Lutte:

  • Utiliser des boutures saines.
  • Choisir des champs isolés de toute source de contamination. Notamment ne pas planter sous le vent d’une culture infestée, les jeunes larves étant véhiculées par le vent.
  • Utiliser des variétés résistantes.
  • Planter le plus tôt possible après l'installation des pluies.

Coléoptères

Note: Pour les autres coléoptères, voir aussi “Déprédateurs des denrées stockées

a. Lagria villosa F.

L'adulte, long de 13 mm environ, est de couleur gris métallique, avec parfois des reflets violines. Il attaque le feuillage de plantes très diverses.


Criquets

voir acridiens


Déprédateurs des denrées stockées

Quelques espèces de coléoptères peuvent attaquer le manioc stocké ou ses dérivés. Dans le stock, les adultes sont souvent plus visibles que les larves.

a. Capucin des grains, Rhyzopertha dominica (F.)

La jeune larve est blanchâtre avec une tête jaune. A maturité elle mesure presque 3 mm de long. Elle est alors de couleur blanche avec une tête brunâtre. Les mandibules sont plus foncées, armées de 3 dents distinctes. Le corps est légèrement incurvé. La cuticule est revêtue de soies brun pâle. Les adultes sont de couleur brune, brun-rouge ou même noire. Ils sont aptes au vol et ont une longueur de 2,5 à 3,0 mm. La tête est cachée sous le prothorax arrondi. Les antennes sont constituées de 10 segments et se terminent par trois segments formant un pilon. Le pronotum porte en avant une rangée de dents, et des tubercules aplatis en arrière. Les élytres sont arrondis sur leur partie postérieure. (Fig. 92)


Fig. 92 Adulte du Capucin des grains, Rhyzopertha dominica

b. Nitidulide des fruits, Carpophilus hemipterus (L.)

L'adulte a 2 à 4 mm de long. Chaque élytre, de couleur brun foncé à noire, présente deux taches jaune-brun: Une tache sinueuse qui couvre l’apex postérieur, et une tache plus petite à l'épaule. Les premiers segments des antennes, les palpes, les tibias et les tarses sont plus clairs que le reste du corps. Les antennes sont claviformes et sont de couleur brun-rougeâtre, comme les pattes. La larve, de couleur blanchâtre, atteint 6 à 7 mm de long à maturité. Sa tête et son extrémité postérieure sont brunes.

c. Latheticus oryzae (Waterh.)

L'adulte est de couleur jaune-brunâtre. Il a 2,5 à 3,0 mm de long. Son aspect rappelle celui du Petit ver de la farine, mais la tête est plus allongée. Les antennes courtes et massives ont leurs 5 derniers segments élargis.

d. Petit ver de la farine (= Tribolium rouge de la farine), Tribolium castaneum (Herbst)

Les adultes de ces petits coléoptères ont environ 3,5 mm de long. Ils sont de couleur brun-ferrugineux à rougeâtre. Les larves sont de couleur jaunâtre. Cette espèce est très semblable au Tribolium de la farine de riz. (Fig. 15)


Fig. 15 Adulte de Tribolium sp

 

e. Charançon du maïs, Sitophilus zeamais (Motsch.) Kuschel

L’adulte a une longueur de 3,3 à 5,0 mm. La coloration va du brun-rouge foncé au noir, avec en général deux petites taches claires sur chaque élytre. La larve est de couleur blanche, apode, et peu velue. (Fig. 35)


Fig. 35 Adulte du Charançon du maïs, Sitophilus zeamais

Lutte:


Foreur des tiges du sorgho, Eldana saccharina (Walker)

Le corps de la chenille est uniformément gris-blanchâtre, gris-noir ou beige avec des soies rousses. Les pattes sont de couleur jaunâtre. La tête est brun foncé. Elle peut atteindre 20 mm de long. Les chenilles s’alimentent dans les tiges. C'est un foreur de tiges qui est plus important sur quelques céréales mais qui peut parfois attaquer le manioc.

Lutte:

  • Généralement pas nécessaire.

Maladies foliaires

a. Cercospora vicosae Mul. et Chup.

Les lésions sont de grande taille et peuvent couvrir près de la moitié du limbe. Elles ne sont pas bien définies et présentent une coloration brun clair à ocre diffuse. Elles s'accompagnent d'une frisolée et/ou de la déformation des folioles. La défoliation est accentuée par temps chaud et humide, conditions favorables au développement de la maladie.

Lutte:

  • Détruire les débris contaminés.

b. Cercospora caribaea Chupp et Ciferri

Cette maladie provoque des taches foliaires d'environ 1 à 5 mm de diamètre. Les taches sont circulaires ou anguleuses, translucides, blanc vif ou blanchâtres. Elles sont entourées d'un halo blanchâtre, dont elles sont séparées par une ligne brune irrégulière sur la face supérieure des feuilles. Sur la face inférieure, les taches deviennent gris-brunâtre en leur centre au moment de l'apparition des conidiophores.

c. Bactériose, Xanthomonas campestris pv. manihotis (Art.-Berth) S.

Les premiers symptômes se manifestent par des taches angulaires foncées sur les feuilles avec un suintement d’exsudats bactériens. Puis les taches deviennent translucides, si on les observe à la lumière, et huileuses. Celles-ci s'agrandissent et confluent, ce qui peut aboutir à une défoliation des plantes. La maladie s’étend aux jeunes pousses en provoquant un dépérissement avec gommose (pourriture du collet). La bactérie peut devenir systémique et causer une nécrose du système vasculaire, ce qui entraîne le flétrissement de la plante. Si la bactérie contamine les racines, les tubercules peuvent pourrir. L'infection systémique peut se manifester à partir de boutures déjà infectées. Dans ce cas, les premiers symptômes sont un flétrissement et le dépérissement de jeunes pousses. Cette maladie, la plus grave du manioc, a la potentialité de détruire toute une culture.

Lutte:

  • Utiliser des variétés résistantes.
  • Utiliser des boutures provenant de plantes saines.

Mosaïque africaine du manioc

voir viroses


Mouches blanches

Au Tchad on a trouvé trois espèces de mouches blanches sur le manioc:

a. Mouche blanche du coton (= Mouche blanche du tabac), Bemisia tabaci (Genn.)

Les larves, de couleur vert clair, sont translucides et ressemblent à des cochenilles. Elles sont fixées sur la face inférieure des feuilles. Les adultes, blancs et de petite taille (1 mm), se mettent à voler pendant quelques instants si l’on secoue la plante. Cet aleurode cause aussi des dégâts mécaniques par ses piqûres et intoxique la plante par sa salive. Ce ravageur, surtout important pendant la saison sèche, est un vecteur de virus, notamment de celui de la Mosaïque africaine du manioc (voir viroses). (Fig. 85)


Fig. 85 Chrysalide et adulte de la Mouche blanche du coton,
Bemisia tabaci

Lutte:

  • La lutte chimique n’est pas préconisée parce qu’elle n’évite pas la transmission de la Mosaïque africaine du manioc. En outre, la lutte chimique peut éliminer les ennemis naturels de la Mouche blanche.

b. Bemisia hancocki Corbett

c. Trialeurodes rara Singh

Lutte:

  • Généralement pas nécessaire.
  • Faire un paillage.
  • Equilibrer la fumure (notamment apporter de la potasse, par exemple par l’épandage de cendres).

Nématodes à galles, Meloidogyne spp.

Ce sont de très petits vers (anguillules) qui vivent dans les racines de la plante. Les symptômes caractéristiques sont des galles qui se développent sur les racines. Un grand nombre d'autres cultures (tomate, pomme de terre, tabac, niébé, aubergine, gombo, cotonnier, soja, riz, etc.) est très sensible à ces nématodes. (Fig. 108)

 
Fig. 108 Racines avec des galles causées par Meloidogyne spp.

Lutte:

  • Rotation avec des cultures peu sensibles (sorgho, mil, maïs, chou, oignon, ail).
  • Inondation prolongée de la parcelle.
  • Période de jachère, si possible travaillée, de façon à supprimer les adventices et maintenir le sol nu.

Nitidulide des fruits

voir déprédateurs des denrées stockées


Petit ver de la farine

voir déprédateurs des denrées stockées


Pourriture de la tige, Corticium rolfsii (Sacc.) Curzi (= Sclerotium rolfsii Sacc.)

La maladie se manifeste sur le système racinaire pendant tous les stades de développement. Les racines et les tubercules infestés s'enveloppent d'un mycélium blanc. Si le champignon pénètre dans les racines par des blessures, une pourriture en résulte. Cette maladie entraîne rarement la mort des plantes.

Lutte:

  • Utiliser des boutures saines.
  • Enlever et détruire les plantes qui sont infectées.
  • Enlever (ne pas enfouir) les résidus de récolte et les mauvaises herbes.
  • Labourer profondément, ce qui diminue l'incidence de la maladie, car les sclérotes ne peuvent plus germer à grande profondeur.

Sauteriaux

voir acridiens


Tribolium rouge de la farine

voir déprédateurs des denrées stockées


Viroses

a. Mosaïque africaine du manioc, (= African Cassava Mosaic Virus) (= ACMV)

Le vecteur qui transmet ce virus est la Mouche blanche du coton, Bemisia tabaci. Sur les jeunes feuilles on observe des taches jaunâtres et parfois des déformations. Si la maladie est grave, les feuilles restent petites et jaunâtres. Le développement de la plante peut être retardé, ce qui entraîne une diminution de la production de tubercules.

Lutte:

  • Utiliser des boutures saines. Essayer d’obtenir des boutures saines à partir de plantes non infectées par le virus.
  • Inspecter les plantes régulièrement et enlever les plantes infestées pour limiter la dispersion de la maladie dans le champ.
  • La lutte contre les mouches blanches n’est pas efficace pour éviter la transmission du virus, et n’est donc pas recommandée.

 

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